Le salon Fragonard

Ce salon tire son nom des lavis (dessins à l'encre et à l'eau) signés Jean-Honoré Fragonard, peintre du XVIIIe siècle pour qui Béatrice avait une affection particulière.

Dans cette pièce...

« Le coucher ». Cette œuvre nous introduit dans la chambre minuscule de deux servantes, dont l’une se glisse dans ses draps. Avec cette œuvre, Fragonard nous fait pénétrer, avec un grand raffinement, dans l'intimité des gens de maison, un trait tout en retenue mais un rien coquin, puisque les servantes se déshabillent. 

« S’il m’était aussi fidèle ». Cet autre charmant lavis représente une jeune aristocrate au lever. Penchée vers son petit chien, elle lui fait une confidence. Son titre « S’il m’était aussi fidèle » traduit bien le goût de Fragonard pour les scènes galantes. 

« De trois choses, en ferez-vous une ? ». Au-dessus de la commode est accroché un tableau en forme de médaillon, signé François Boucher, le maître de Fragonard. Il représente un jeune couple en train de converser. Boucher figure ici un jeu de mains fameux auquel on jouait au XVIIIe siècle. Chacun des partenaires devait poser sa main sur celle de l'autre le plus rapidement possible. Si l'un échouait en mettant sa main au mauvais moment, il devait réaliser un des trois vœux de son partenaire. Le très jeune homme agrippe le poignet de la jeune fille d'un geste ferme, l'index sur son nombril. Ses yeux sont implorants et ses joues plus roses que la blouse de la jeune fille. Il est donc aisé de deviner ce qu’il a pu demander. Le ton est badin, comme souvent chez Boucher.