La construction de sa collection
Grâce aux marchands et experts dont elle a su se faire des amis, la Baronne Ephrussi de Rothschild a fait de sa villa une demeure de collectionneur où porcelaines, tableaux de maître et mobilier se côtoient.
Au milieu du XIXe siècle, la famille Rothschild est déjà connue pour la qualité des collections rassemblées par plusieurs de ses membres. Béatrice hérite de ce goût pour les belles choses et en fera sa devise « ars patriae decus » : « l’art est l’honneur de la patrie ». Son goût ayant été nourri aux meilleures sources, Béatrice meuble sa villa dans le plus parfait style Rothschild, c'est-à-dire avec le meilleur de chaque époque, même si l’harmonie n’est pas toujours évidente.
Elle achète sans compter meubles signés, tapis d’Aubusson et de la Savonnerie, tableaux de Boucher, de Lancret, croquis et esquisses de Fragonard, tapisseries des Gobelins, services de porcelaine de Sèvres… mais aussi des œuvres d’art médiéval et Renaissance et des objets venus d’Extrême-Orient, ce qui constitue une collection très éclectique.
Béatrice meuble sa villa directement à la gare de Beaulieu. Le train de la Compagnie de chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée, dont la famille Rothschild était actionnaire, arrivait de Paris chargé de mobilier, d’œuvres et d’objets d’art. Elle choisissait alors sur le quai les œuvres d’art destinées à la Villa Ephrussi. Les autres partaient pour sa villa de Monaco.
À sa mort, Béatrice lèguera plus de 5 000 œuvres d'art à l’Académie des Beaux-Arts.











