La réalisation des jardins

La confection des jardins nécessita sept ans de travaux, de 1905 à 1912. Comme pour la villa, la baronne a fait appel à des personnalités de renom comme Harold Peto ou Achille Duchêne. Paysagiste fort prisé en Europe et aux États-Unis, il a bâti sa réputation sur la création de jardins d'inspiration classique. Le site choisi pour la villa, grandiose par son double point de vue, était par contre moins propice à la création d’un jardin. En effet, créer un parc sur un promontoire rocailleux couvert d’arbres et battu par des rafales de vent était un tour de force. Qu’à cela ne tienne ! Il suffit de dynamiter le sol et d’apporter d’énormes quantités de terre pour le remettre à niveau. Des centaines d’ouvriers italiens sont embauchés pour ces titanesques travaux de terrassement. En 1912, date d’inauguration de la villa, les quatre hectares du jardin ne sont pas totalement paysagés : Béatrice Ephrussi a privilégié l’aménagement des espaces visibles depuis la maison, soit le jardin à la française. 

Jardin espagnol, jardin florentin, jardin japonais…, cette grande variété de jardins aurait sans doute séduit la première occupante des lieux. Mais ils ne sont pas de son fait. On les doit essentiellement à Louis Marchand, peintre à ses heures, passionné de botanique et créateur de jardins. En 1934, date du décès de Béatrice Ephrussi et du don de sa propriété à l’Institut de France, Louis Marchand est chargé de restaurer le parc de la villa. Il décide alors de remblayer le terrain, de remettre à flot les bassins, puis de créer des jardins thématiques. Il crée en trois ans, un jardin complexe avec entre autre une bambouseraie, aujourd’hui disparue.   

Avec la guerre, le Cap-Ferrat est vidé de ses habitants et miné. La Villa est laissée sans surveillance et les jardins abandonnés pendant 2 ans. De retour en 1945, Louis Marchand se remet à la tâche dans des jardins très abîmés et leur redonne rapidement l'éclat d'avant-guerre.