Le saviez-vous ?
Le confort moderne
Dès l’origine, Béatrice a fait équiper la villa de tous les éléments du confort moderne selon les grands principes hygiénistes de l’époque : salles de bain complètes avec baignoire pour chaque chambre, téléphone, ascenseur et chauffage à air chaud pulsé, alimenté par des calorifères au charbon. Il est possible d’apercevoir une grille de chauffage juste au-dessous d’une fenêtre de la chambre bleue au premier étage.
Dans son boudoir, Béatrice avait un téléphone. Cette invention de la fin du XIXe siècle, peu prisée de l’aristocratie, est devenue rapidement un instrument indispensable aux hommes d’affaire tels que les Rothschild. Béatrice le fait installer à la Villa et est constamment joignable au 1-66.
La conception des jardins
C’est Béatrice en personne qui a conçu le jardin à la française, adaptant et réajustant les multiples projets de ses architectes paysagistes. En ce début du XXe siècle, comment une personnalité aussi exigeante et fantasque choisit-elle le plan de son parc ? Rien de plus simple : elle organise un « jardin vivant ». Certains de ses employés, dissimulés dans des pyramides de carton vert, font office de cyprès. Les autres manœuvrent de longues bandes de tissu argenté, gris ou vert, simulant bassins, allées et platebandes. Un pas à gauche, deux pas à droite et le jardin de rêve de Béatrice Ephrussi prend forme.
Les loisirs sportifs de Béatrice
Béatrice est une femme moderne et sportive. Ses loisirs sont plutôt originaux pour une femme de l’époque : elle est inscrite dans un aéroclub et assiste à des matchs de boxe. Elle patine, monte à cheval, joue au tennis. Même si elle a évidemment un chauffeur, elle conduit parfois seule son automobile.
Les animaux de Béatrice
Dans la chambre de la baronne, on peut apercevoir deux sièges miniatures pour animaux : l’un était réservé à ses caniches et l’autre à sa mangouste de compagnie.
L’un de ses architectes, Albert Laprade, s’étonne de la quantité d’animaux qui entourent constamment Béatrice : « Un caniche et deux singes sont ses favoris et ont la faveur d’être promenés par un majordome choisi parmi les anciens généraux de la garde du tsar. Une petite mangouste des Indes les accompagne. Des gazelles logent dans les jardins. Et dans la villa même, on trouve une perruche péruvienne et des poissons orientaux. […] Madame Ephrussi accorde une grande importance à ses animaux et entretient avec eux des conversations étranges, agaçantes et absurdes ».
Le goût du jeu et des courses
À la Belle Époque, la haute société française plonge avec délice dans de nombreux divertissements : opéra, concert, casino… Après dîner, on s’amuse aussi à faire tourner les tables et il n’est pas rare que l’on termine ses soirées autour d’une partie de bridge. Tout au long de sa vie, Béatrice fréquente assidûment les casinos. Deauville en Normandie et Monte-Carlo sur la Côte d’Azur ont notamment ses faveurs. Elle joue aussi bien au Baccara qu’à la roulette.
Béatrice aime aussi les courses de chevaux et possède sa propre écurie. À Nice, à Cannes ou à Deauville, quand elle n’est pas au casino, on la trouve à l’hippodrome. Les courses de chevaux sont une des occasions où il est de bon ton d’être vu, même et surtout lorsqu’on est une femme du monde. Béatrice continue à se rendre sur les champs de course jusqu’en octobre 1932, soit moins de deux ans avant sa mort.
Les excentricités de Béatrice
Charmante à 20 ans, Béatrice devient flamboyante dans sa trentaine et apparaît comme une concurrente difficile à battre dans la course incessante à l’originalité à laquelle se livre son milieu.
Il n’est pour s’en convaincre qu’à raconter la fête de « mariage » qu’elle organise entre Diane, son caniche femelle préféré et un caniche mâle appelé Major. Ecoutez le récit qu’en fit le « Boston Daily Globe » le 17 janvier 1897 : « Des centaines d’invitations sont lancées, adressées à des convives canins et à leurs maîtres. Tous les mâles, bipèdes comme quadrupèdes, se présentent le jour convenu en tenue de soirée : queues de pies, cols cassés et nœuds papillons. […] Au son de la marche nuptiale, trois petits caniches en habit apparaissent pour ouvrir la marche. « Demoiselles » et « garçons d’honneur » canins escortent les futurs mariés. À l’autre bout de la pièce les attend un sage et loyal bouledogue affublé d’un chapeau haut-de-forme et d’une écharpe tricolore. […] La mariée se verra glisser à la patte une bague en or sertie de diamants ».
Pour Béatrice, qui cultive l’impertinence, célébrer le mariage de son chien revient bien sûr à parodier ses propres noces, en célébrant la liberté de penser et de séduire.


